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Art-thérapie - Toulouse - Manosque

L'art-thérapie : une autre approche de la psychothérapie

Introduction

Sous le mot d’Art-Thérapie se rangent des pratiques diverses allant de l’animation d’un atelier d’art à une psychothérapie verbale à support artistique. Pour certains ce terme signifie une pratique assidue de l’art comme un exutoire dans les moments difficiles de la vie, pour d’autres il représente un espoir que, dans leur poème, leur dessin, un spécialiste vienne interpréter leur détresse et la comprendre. L’art-thérapie peut être tout cela. Elle est d’abord une technique précise qui utilise le processus artistique dans un but thérapeutique.

On va parler d’un soin spécifique c’est donc bien de soin qu’il s’agit (donc un processus de prise en charge comprenant une reconnaissance de l’état d’un patient, un projet thérapeutique et sa réalisation, un contrôle des résultats) ; spécifique indique qu’il va être réservé à une catégorie de personnes, de pathologies, de lieux, de circonstances, etc.

Je ne vais pas donner une définition de l’art et une autre de la thérapie, exercice qui nous conduirait à écrire des pages et des pages . Je vais plutôt définir :

1 - Ce qui, dans le processus artistique, apporte un mieux être. Quelques exemples d’états positifs indiqueront en miroir les états pathologiques qu’ils pourraient modifier.

2 - Et d’autre part définir comment cette activité peut devenir un soin.

En effet, les artistes sont unanimes à dire que l’art « leur permet de vivre », qu’ils ne « pourraient pas s’en passer », que « ça fait du bien ». La question d’en faire un soin est bien de permettre que cette amélioration de l’état d’une personne perdure au-delà du temps de pratique.

La pratique artistique soulage d’un certain nombre de troubles mais ne les guérit pas.

Car c’est bien là l’inconvénient de l’art, dès que l’artiste s’arrête de pratiquer, les symptômes reviennent et il doit se remettre au travail sans relâche. Les exemples sont nombreux d’artistes privés de leur pratique et sombrant dans la maladie ou la mort.

I - Les bienfaits de la pratique artistique

L’art est un moyen d’expression

Exprimer ce que l’on pense, ce que l’on ressent semble facile pour certaines personnes, mais laborieux pour d’autres. La définition du dictionnaire, « exprimer : faire sortir en pressant » dit bien cette difficulté qui est plutôt « culturelle ». Cette action de SORTIR DE SOI peut se faire de la façon la plus simple : le cri, à une façon très sophistiquée : composition d’une symphonie, par exemple. D’autres techniques vont solliciter d’autres sens, et les cinq sens peuvent être sollicités. On voit déjà que l’expression d’un individu est complexe et doit, pour être reçue, s’inscrire à peu près dans les critères spatio-temporels d’une société (ce qui se fait dans tel pays, à telle époque).

L’art est un domaine où l’expression peut jouir d’une certaine liberté par rapport à ces critères… un individu les maîtrisant mal pourra les manipuler, les apprendre ou en trouver des siens propres et les expérimenter sur un public.

L’art permet une pratique bien plus précieuse encore. Il permet d’exprimer les choses d’une façon partielle, détournée. Il permet de jouer avec une vérité intérieure trop douloureuse pour être dite directement. Il permet surtout d’exprimer une vérité trop vague, trop inconsciente pour être conceptualisée par le langage verbal. Un poème n’est pas un rapport de police, un tableau n’est pas un croquis côté. L’art permet d’exprimer des sentiments, des émotions en préservant sa pudeur. Il permet d’exprimer ce qui ne se dit pas.

L’art est un moyen de communication

L’œuvre d’art est néanmoins porteuse de sens. Elle est destinée à être vue, ou entendue, par les autres, comprise, aimée ou tout au moins perçue. Communication d’abord à sens unique, elle attend la réponse du public. Et la pire réaction du public pour un artiste est bien quand il n’y a pas de réaction : l’indifférence. L’art permet de communiquer avec ses semblables et curieusement, cette méthode insuffisamment rigoureuse, permet néanmoins de communiquer simultanément un grand nombre d’informations. le pli des lèvres d’un personnage sur un tableau dira immédiatement l’amertume, le secret espoir que tout n’est peut-être pas fini, la colère contenue et les fantasmes d’une violence inavouable.

L’art est un moyen de relation

C’est une mise en commun hors sens. C’est un lien d’espèce, un contact non verbal qui s’établit entre deux ou plusieurs personnes et qui fait appel au domaine sensitif. La relation a un aspect affectif prédominant. L’art permet cette complicité entre les êtres. L’harmonie entre les sons, les rythmes, l’unité des instruments et la précision de l’orchestration entraîne les musiciens dans une intimité peu commune, un rapport quasiment amoureux où le sexe n’existe pas. Le spectateur sera éventuellement lui aussi entraîné dans ce partage.

L’art est un passage à l’action

En effet, l’artiste n’est pas un rêveur. Il rêve certes mais ensuite se met au travail, produit quelque chose et le montre. Le processus artistique tel que nous le considérons en art-thérapie se compose des phase suivantes :

Intention - Action - Production  - Exposition

L’intention

La pratique artistique développe l’imagination, la faculté de trouver des solutions inédites, de créer, de conceptualiser. Elle invite à penser ce que l’on ne pensait pas auparavant, et même ce que les autres ne pensent pas. Elle représente un espace de liberté absolue où le rationnel côtoie l’irréalisable. Elle permet d’accepter ses émotions en les utilisant.

L’action

Au moment où dans l’esprit se passe ce qu’on appelle « l’inspiration », l’artiste décide de passer à l’action. il trouve le moyen d’exprimer son idée, son ressenti. A ce moment il doit retourner dans une réalité relativement concrète. Son esprit doit mettre en œuvre tout un ensemble de moyens techniques, de connaissances culturelles, gérer des transgressions nécessaires, et abandonner à l’instance corporelle un grand nombre de choix. Au moment où il agit, l’artiste ne peut plus être submergé par son émotion, ni par sa réflexion intellectuelle, ni par sa réalisation technique. A ce moment ces trois instances sont en parfaites harmonies. Un tel équilibre provoque « cet état de grâce » si rare dans nos sociétés que je dois l’écrire entre guillemets, cet état de jubilation et de présence à soi-même, menacé par le mysticisme, la compétition et le fanatisme. Il n’y a jamais eu autant d’artistes, plus ou moins talentueux, peu importe. Ce qu’ils cherchent c’est d’abord cela : des instants d’harmonie, de paix intérieure, de plaisir.

La production

Il s’agit d’une production, au sens artistique, mais aussi dans le sens le plus général. C’est une chose tangible, que l’on peut nommer, voir et entendre, que l’on peut montrer. Cet « objet », qu’il soit tableau, danse, ou poème existe. Il est la concrétisation d’un concept, d ’un sentiment, sa transposition dans le monde physique. Cette réalisation implique son auteur, il doit maintenant l’assumer. Assumer d’avoir fait « ça » ; cette mise au monde va devenir peut-être une mise dans le monde. Cet « objet » sera un intermédiaire entre soi et le monde extérieur : à la fois image de soi montrée au monde et image du monde vue par soi. Présentation de soi un peu « arrangée », représentation de monde plus acceptable.

L’exposition

Il n’est pas obligatoirement question ici d’exposition d’œuvre d’art. En Art-thérapie, notre choix est fait entre art et thérapie : notre but est la thérapie. L’exposition publique des œuvres n’aura lieu que dans le cas où, de surcroît à l’acte thérapeutique auront été produites d’authentiques œuvres d’art. L’exposition publique, ne serait-ce que dans un service l’hôpital doit correspondre au projet thérapeutique de ce patient. C’est une prise de risque dans laquelle il devra être accompagné. Mais il est une exposition qui a lieu pour chaque œuvre, même si on ne peut lui conférer le titre d’œuvre d’art : c’est le fait de montrer à l’art-thérapeute ce que l’on a fait. Celui-ci sera le premier spectateur, et souvent l’unique. Sa réaction devra être sincère et maîtrisée.

L’art permet de créer

Mais, en réalité, nous ne créons rien. Nous en faisons que montrer notre vision personnelle, déformée du monde. Nous faisons tout au plus des transpositions, des illusions, des allusions, des expériences techniques, des juxtapositions, des erreurs, des tentatives. Ce processus de création de l’artiste se rapproche de l’attitude de l’enfant qui apprend à voir le monde qui l’entoure par une longue série d’expériences. Une personne ne peut percevoir qu’une partie de la réalité inconnue. Puis, lors d’une nouvelle observation, la personne va reconnaître immédiatement la partie complémentaire qu’elle avait imaginée comme étant bien partie de la réalité et l’intégrer comme telle. Sa perception de la réalité est donc augmentée et va permettre de recommencer à l’infini ce processus en concevant à nouveau une partie de l’inconnu. Ce mécanisme, bien défini par Winnicott, permet déjà de comprendre les corrélations existantes entre l'élaboration de la conception du monde dans la conscience d’une personne (avec toutes les erreurs qui peuvent survenir), ce processus d’élaboration à l’œuvre chez l’artiste et ce même processus utilisé pour aider une personne à corriger sa propre vision du monde.

L’art est un processus de sublimation

Lorsque la satisfaction directe d’un désir est impossible, dangereuse ou socialement inacceptable, l’art promet d’apaiser les tensions qui résultent de cette frustration. Les pulsions généralement sexuelles (prégénitales, orales, anales, phalliques) seront transformées en une réalisation artistique, qui pourra même devenir l’expression d’un idéal accompli, reconnu par une société.

L’art est un plaisir

Soulagement des tensions, revalorisations de l’image de soi, liberté d’exprimer tout ce que l’on veut, jubilation d’être complètement présent, de réaliser quelque chose… La liste serait longue des moyens par lesquels l’art procure du plaisir. Ce plaisir est indispensable à toute personne pour sa santé physique et psychique.

L’art est l’expression d’une culture

Les références culturelles présentes dans une œuvre en font sa richesse et ravivent indéfiniment l’intérêt du spectateur, permettant plusieurs lectures d’une même œuvre à des niveaux différents. Un travail de création demande une ouverture d’esprit, une recherche, un travail de conceptualisation, de synthèse et de symbolisation.

L’art est l’exercice de la beauté

A notre époque où l’art n’est plus un « art sacré », chargé de représenter la beauté divine du monde, mais un art désacralisé où l’artiste peut représenter sa propre conception de la beauté, le patient en art-thérapie va être invité à trouver « son beau à lui ». La beauté prendra ici tout son sens, à savoir, non pas la beauté d’une forme, mais l’harmonie entre les différentes composantes d’une œuvre.

L’art est universel

En ce sens, l’art-thérapeute veillera à ce que l’œuvre produite par un patient soit tendue vers le plus d’universalité possible. Les contingences personnelles d’une personne seront portées à une dimension qui concerne l’humanité toute entière : les émotions personnelles seront relativisées.

L’art est un métier

Il n’est pas question de faire croire au patient qu’il est un artiste, lui-même ne s’y trompe que rarement.

Mais il doit, à son niveau, fournir un véritable travail. Techniques manuelles, corporelles s’apprennent et doivent être enseignées pour qu’il puisse vivre de vrais moments de satisfaction et de réussite.

II - La méthode de soin en art-thérapie

La méthode utilisée est simple dans son principe : il s’agit de connaître, par un vécu personnel et par une étude, tous les bienfaits de la pratique artistique dont je viens de donner quelques exemples.

Cette liste étant établie, une méthode consiste à en dégager un nombre de paramètres observables pendant une séance d’art-thérapie. Ces observations ne devront en aucun cas être teintées de déduction, d’interprétation, de conceptualisations, de jugement de valeur ou de ressenti personnel.

Une autre partie de ce travail va consister à noter, grâce à un système de fiches d’évaluation, toutes les informations recueillies. L’analyse de chaque fiche permet de savoir sur chaque item observé, l’état d’un patient, de connaître les domaines dans lesquels il est en difficulté et les domaines dans lesquels il n’y a pas de problème, et aussi les domaines où il est particulièrement performant, qui serviront de point d’appui à la pris en charge. L’analyse de chaque fiche permet de choisir pour la séance suivante les thèmes de travail, les contraintes, les techniques, et les attitudes de l’art-thérapeute qui permettront d’aider le patient dans les domaines où il est en difficulté, de consolider ses acquis et de valoriser ses compétences.

Ces fiches d’évaluation permettent d’établir des bilans périodiques, de gérer l’évolution d’un projet thérapeutique établi par un médecin psychiatre par exemple, de rendre compte à une équipe soignante du comportement d’un patient en atelier d’art-thérapie.

Nous pouvons appeler cette méthode Art-thérapie parce qu’elle apporte un soin en utilisant exclusivement l’activité artistique d’une personne.

III - A qui s’adresse l’art-thérapie ?

On peut distinguer trois domaines principaux d’intervention :

1 - La souffrance psychologique

L’Art-thérapie aide les personnes présentant des troubles divers d’origine nerveuse ou psychologique.

- Pour ceux n’ayant pas accès à la parole, cela peut être le seul moyen d’expression.

- C’est un complément judicieux à une psychanalyse.

- L’art-thérapie est un accompagnement efficace dans les périodes difficiles de la vie : deuil, divorce, chômage, maladie, accident.

- C’est un soutien au moment d’un nouveau choix de vie, d’une réorientation professionnelle ou personnelle, après une dépression.

- C’est une aide pour les enfants présentant des troubles du comportement passagers ou durables, ou en échec scolaire.

- Pour le psychotique, l’Art-thérapie permet de canaliser l’activité mentale, de structurerl’espace intérieur, donner du sens aux sensations et aux émotions.

- Pour le handicapé, son statut n’est plus primordial car l’accent est mis sur l’authenticité, le rayonnement de l’objet réalisé.

- Enfin, c’est, par définition, le monde thérapeutique de ceux qui ont besoin de renouer avec la joie de s’exprimer, de partager, d’oser.

2 - La souffrance sociale

L’Art-thérapie est de plus en plus couramment utilisée au profit des personnes en recherche d’emploi, chômeurs de longue durée, sans domicile, incarcérés. En effet la réparation narcissique possible par une telle technique suivie d’un travail de création permet, au-delà d’une œuvre de créer une autre image de soi, une autre vie.

3 - La souffrance médicale

Elle concerne les personnes hospitalisées en long séjour. Agées, enfants, accidentés, chez qui les années d’hospitalisation altèrent l’espoir et la joie d’exister, pénalisant ainsi l ’avancée de la guérison. Là, l’Art-thérapie remet en jeu le processus de création et « l’en-vie ».

 

NOTRE PRATIQUE ET NOS INTERVENTIONS EN ART-THERAPIE

Une double spécificité :

Nous trouvons notre spécificité dans le fait de proposer :

- L’expression picturale comme source de création d’évolution personnelle et de thérapie.

- Une approche ART-THERAPIE ANALYTIQUE c'est à dire que chaque oeuvre est décodée pour en comprendre le sens. Pour cela, nous nous référons aux approches de Jung et du champ du "transpersonnel"
        - Et, d’accompagner le sujet désirant jusqu’à l’ouverture à la DIMENSION PSYCHO-SPIRITUELLE.

Nos objectifs :

Nos ateleirs sont plus particulièrement destinés aux objectifs suivants :

- Le Développement personnel adulte, du psychologique au spirituel.

- La Relation d’aide et de soin par l’Art-Thérapie pour toutes les personnes en souffrance psychique ou physique.

Nos interventions et modalités de fonctionnement

Pour mener à bien ces divers objectif, nous proposons des ateliers sous trois formes :

1. sur une période de 5 semaines, à raison de 2 heures par séance, pour des groupes de 6 à 8 personnes, privilégiant l'art plastique, le collage, le dessin, soit pour des publics "ciblés" (diabétiques, manque de confiance, addictions, obésité, etc...), soit pour des roupes d'âges (personnes âgées, adolescents, avec possibilité d'intervention en milieu spécialisé) ;

2.  sur une période plus longue, semestre, année (à raison de 2 heures hebdomadaires) dans une perspective plus analytique, avec un double encadrement art-thérapeute et psychanalyste, pour se concentrer sur le développement personnel et utiliser l'expression artistique comme outil de médiation entre thérapeutes et thérapisés (pour des regroupements de 8 personnes maximum) :

3. sous forme individuelle, dans le cadre d'une psychothérapie de durée moyenne, chaque séance durant alors environ 1h 30.