Aide psychologique : Notre approche de la
psychothérapie - Toulouse - Manosque
Nous
faisons référence à la
psychothérapie intégrative et à la psychothérapie
socio-somato-analytique. Mais qu'est ce donc que cela :
1 - Une psychothérapie intégrative
On peut la définir comme la discipline résultant
de la conjonction d’au moins deux disciplines dont au moins
une majeure. Il existe autant de psychothérapies intégratives
que de disciplines à combiner. Les zones théoriques
et méthodologiques contraires sont affaiblies, la complémentarité est
mise en valeur. La question qui se pose est celle de déterminer
quelle est la discipline dominante dans le complexe produit,
qui fournit le ton théorique et méthodologique à l’ensemble.
Les zones intégratives sont celles où en
nous plusieurs traits de disciplines et systèmes hétérogènes
sont parvenus à se réunifier localement. Elles
dépendent de notre histoire, et peuvent être mouvantes.
Certaines écoles proposent des modèles ready-made,
toutes faites, des prêts-à-monter qu’on n’a
plus qu’à remonter pour les utiliser. Il faudra
examiner quelles sont les propriétés de ces conglomérats.
On l’aura compris, l’ensemble de ces concepts suppose
l’exercice de l’esprit critique. La résolution
de la crise (critique vient de krisis) est le fait d’un
esprit libre s’exerçant dans un espace de responsabilité,
et de jeu. Ceci n’exclut pas, conjointe à des poussées
d’inquiétude et des moments de déstabilisation,
une dose de jubilation. En tout cas cela procure la satisfaction
de la pratique constante d’un dialogue rigoureux, sur le
plan méthodologique et épistémologique
2 - Une psychothérapie multiréférentielle
Qu’entendre par ce dernier terme ? que le psychothérapeute
multiréférentiel dispose d’espcaces disciplinaires
multiples, irréductibles les uns aux autres, et que c’est
en pensant A à partir de B et réciproquement qu’on
se met l’esprit en tension fertile si l’on s’est
accoutumé à ce genre d’exercice, pas vraiment
de tout repos, mais il est des domaines où rester en repos
ressortit de la paresse ou négligence intellectuelle.
Le terme intégratif n’est pas dépourvu d’ambivalence,
se voyant revendiqué par de multiples horizons scientifiques — au
sens sciences humaines de ce terme, mais aussi au sens scientiste à l’occasion,
ce qui constitue une source de brouillage.
3 - Une Pratique multiréférentielle
Quand Picasso crée "Ma jolie", il n’écrit
pas pour autant un article de journal, mais bien une toile. Le
collage, l’emprunt d’une technique à une méthode
hétérogène à son propre champ épistémique
ne corrompt pas fatalement celui-ci mais y enkyste un élément étranger
inséré dans sa logique propre. Un psychanalyste
raconte qu’il va jusqu’à accompagner son patient
phobique au train, et qu’au moment de monter dans le train
ce dernier hésite fortement. Le psychanalyste lui n’hésite
pas, ancien boxeur, il le menace d’un coup de poing :"— Maintenant
vous allez monter !" fournissant ainsi un supplément
inopiné "Psychocorporel et comportementaliste" en
situation. De tels récits abondent, courant sous le manteau
car l’orthodoxie veille à l’expression psychanalytiquement
correcte. Ils illustrent que sortir un moment du champ, ou l’élargir,
peut relever d’une pensée clinique complexe ajustée à la
situation, que nous qualifierions de multiréférentielle.
En parler reste souvent interdit. La stérilisation de
la clinique commence là.
Les monoréferenceux puristes ont alors tendance à compenser
par des hypersécrétions doctrinales. On admire
beaucoup les sorties de champ de Winnicott, tout simplement parce
qu’il se les est permises. Mais nombreux sont ceux qui
préfèrent encore les ignorer, ou ignorer Winnicott,
en tout cas ne pas aller jusqu’à penser jusque là jusqu’au
bout.
On comprendra que ce texte n’est pas un plaidoyer pour
l’abandon des principes et l’autorisation à faire
n’importe quoi (expression cauchemar dans notre métier).
Si on ne le comprenait pas, on est invité à insister
jusqu’à y parvenir, même si cela représente
un gros effort.
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